L’année avant le concours de l’internat : trois étudiantes racontent…

Trois lauréates du concours de l’internat de pharmacie nous racontent les mois et années qui ont précédé leur réussite. Léa Ousset, Anna Fontanier, et Manon Guibert ont trois profils très différents. Anna et Léa ont eu le concours respectivement en doublant (952 puis 250ème) et en primant (33ème). Manon a choisi de faire une année blanche à l’issue de sa quatrième année avant de passer deux fois le concours et de l’obtenir (650 environ puis 81ème).

Avant de parler des mois précédant le concours, expliquez-nous ce que vous avez mis en place au cours de vos études. Quel était votre but ?

Léa : « J’ai commencé à travailler le concours en Janvier de la 4ème année. Et de manière intensive à partir de Mars-Avril. Avant de pouvoir passer l’internat il faut valider ses partiels de chaque année donc ce n’était pas possible de le travailler avant. Néanmoins, le programme du tronc commun est présent en grande partie au programme de l’internat. Mon conseil c’est d’acquérir des connaissances avant de préparer le concours mais sans se mettre la pression pendant 3 ans. »

Anna : « Je suis arrivée en pharmacie sans idée de ce que je ferai. Je me suis décidée à faire l’internat pendant les cours de spé de P2. J’ai redoublé ma troisième année comme quoi cela n’a pas beaucoup d’impact. En quatrième année j’étais secrétaire à Humani’Lim en plus des cours donc j’ai commencé à bosser spécifiquement après le CSP. Le plus important c’est de tout comprendre avant l’été de la quatrième année. Surtout les exercices car ce sera un vrai gain de temps. Comme ça il restera que le « par cœur » et l’entrainement. »

Est-ce que les cours de spé internat vous ont accompagné dans cette compréhension ?

Anna : « Les cours de spé internat nous expliquent les exercices et la manière de rédiger. Cela permet de poser nos questions. Mais selon moi c’est le tutorat des internes qui m’a le plus aidé. »

Durant ces années, vous avez pu occuper différents postes associatifs, quelles leçons pouvez-vous en tirer ?

Léa : « C’est enrichissant et ça n’empêche pas de réussir le concours, la preuve j’ai pu organiser le week-end du tutorat en Février de ma quatrième année. Anna a été secrétaire à Humani’Lim et Amélie [Siaume-Mendès] a pu faire partir de l’ANEPF pendant sa quatrième année. »

Parlons maintenant de cette période charnière que sont les mois précédant le concours.  Quel a été votre programme ?  

Anna : « Pendant les deux étés, avant les épreuves, je me suis consacrée aux annales (de 1991 à aujourd’hui). Je faisais une annale par jour, j’essayais de ne pas me cramer. J’ai pris quand même deux semaines de vacances à chaque fois. Ensuite à partir de Septembre j’ai intensifié mon rythme. En rentrant de la BU, je faisais les QCM le soir depuis mon canapé avec une application mobile. »

Léa : « Entre Janvier et Mars, à cause des cours je n’avais pas trop le temps mais ensuite j’ai essayé de faire 6h par jour puis d’augmenter à 7h pendant l’été. Entre Mai et Août j’ai pris une semaine de vacances tous les mois. Entre Mars et Septembre j’ai fait mon premier tour du programme en faisant des exercices tous les soirs. Puis à partir de Septembre mon deuxième tour.  Je n’ai pas travaillé en groupe mais je le conseille, rien que d’un point de vue moral. »

Manon : « Pendant mon année blanche, j’ai fait des fiches et peu d’exercices. Au final ces fiches ne m’ont pas servie car j’ai bossé sur les livres et c’était une erreur de ne pas faire d’exos. L’année suivante, je faisais plus de cours que d’exercice et je bossais en groupe. Enfin cette année, j’ai bossé en binôme avec Anna, on faisait exactement le même programme, on se posait des questions sur les annales. On avançait ensemble. »

Quel a été l’avantage de votre binôme ?

Anna : « On est très complémentaire : elle va très lentement et je vais trop vite. Donc elle me freinait et m’obligeait à prendre plus de temps sur les notions. Et au contraire je la boostais un peu et l’empêchais de trainer sur des points déjà acquis. »

Manon : « C’était aussi de se pousser mutuellement à travailler, aller à la bu tous en jours, se soutenir et pouvoir discuter de cours si on le souhaitait. En primant, on n’avait pas le même programme c’était moins précis qu’en doublant où on fonctionnait ensemble. »

Dans les dernières semaines avant le concours comment avez-vous gérer votre montée en puissance et le stress qui va avec ?

Léa : « J’ai fait beaucoup d’annales, puis je me suis laissée une semaine pour tout revoir et au moment du concours j’ai emporté quelques fiches mais pas la totalité. La veille je ne me suis pas couchée tard, j’ai eu une vie normale. J’ai fait beaucoup de travail mental pour ne pas stresser le jour du concours. Je me disais que si j’angoissais ça se passerait mal alors j’ai travaillé là-dessus et ça a payé. Avoir une personne avec toi le jour du concours ça peut aider aussi, ne serait-ce que pour parler d’autres choses. »

Anna : « La première année, j’avais une hémoglobine basse donc je dormais énormément. Je savais que je n’aurai pas le concours donc j’étais stressée mais pas tellement. Par contre j’ai fait un black-out de l’épreuve des exercices. Je ne pourrai pas dire ce qu’il s’est passé mais vu ma note je n’ai pas fait grand-chose. La deuxième année j’ai fait un dernier tour très proche des épreuves. J’ai refait beaucoup d’exercices et j’ai travaillé le temps sur les épreuves d’exercices. Je comptais 24min par exercice le jour de l’épreuve et je m’étais donnée comme objectif de les faire en 20min chez moi. On s’était dit avec Manon que le jour J si au bout de 24min on n’avait pas fini l’exo il fallait passer au suivant. Je suis allée à Rungis avec mon « classeur bleu » qui était un ensemble de fiches de fiches. En primant j’avais passé plus de temps à le faire qu’à l’apprendre mais en doublant il a été assez utile. J’avais pris un livre sur les médicaments et un sur les formules. Je me suis couchée tôt. »

Manon : « La première année, je me suis couchée très tard vers 3H30 du matin pour relire toute une matière qui n’est pas tombée. On s’est levé tôt avant l’épreuve d’exercices qui a été une catastrophe. Du coup pendant la suite du concours, j’étais très détendue car les jeux étaient faits. La deuxième année, j’ai eu besoin de faire des exercices et des annales. C’était une manière de m’imprégner du concours finalement. Même si j’en connaissais certains par cœur, ça m’a rassuré. Le soir j’ai travaillé tout en gardant mes sept heures de sommeil habituelles. »

C’est comment l’ambiance à Rungis en comparaison avec la PACES qu’on connaît tous ?

« Venant de Limoges, on n’a pas l’habitude de ces grandes salles et de la marée humaine que cela représente. C’est impressionnant certes mais il faut s’y préparer. Par ailleurs, il ne vaut mieux pas écouter ce qu’on entend à la sortie ou à l’entrée des épreuves et plutôt rester concentré avec son groupe.

Avant que le chrono démarre, un examinateur lit le premier mot et le dernier mot de chaque page. Donc ça permet de faire un premier tri et d’établir l’ordre dans lequel on va travailler. Il faut penser à coller les étiquettes permettant d’identifier les copies en dehors du temps de composition même si les surveillants disent le contraire. »

Comment avez-vous vécu l’annonce des résultats ?

Anna : « La première année même si je savais que je ne l’aurais pas, le résultat m’a quand même touché, particulièrement le fait de voir que j’étais 952. Ce qui est excessivement loin. J’ai beaucoup douté pour savoir si c’était judicieux de le tenter à nouveau.

La deuxième année au final je l’ai eu et j’ai remonté 700 places. Je voudrais dire aux primants qui sont mal classés, qu’il ne faut pas s’en faire. La quatrième année avec le combo partiels-CSP-Rattrapages, il n’y a pas le temps. Il est encore plus dur de se mettre en révisions pendant les deux mois d’été après tout ça. J’ai remonté ces places pourtant j’ai eu des périodes de creux, des jours avec des imprévus et baisses de motivation ou de moral. »

« Je voudrais dire aux primants qui sont mal classés, qu’il ne faut pas s’en faire. La quatrième année avec le combo partiels-CSP-rattrapages, il n’y a pas le temps. Il est encore plus dur de se mettre en révisions pendant les deux mois d’été après tout ça. »

Manon : « En primant, j’étais entre 650 et 700. Je n’étais pas stressée mais je ne savais pas si je le passerai une deuxième fois. Je me suis décidée en voyant que je n’étais pas si loin et que je ne serai pas seule en doublant. « 

Léa : « Même si la plupart du temps, les doublants remontent des places et qu’il est plus courant de l’avoir en doublant. Il arrive que certains ne réussissent pas voir régressent donc il faut rester très vigilants. Evidemment rien n’est acquis d’avance. »

Manon, tu as fait une année blanche après ta quatrième année, pourquoi et comment as-tu fait ce choix ?  

Manon : « Je ne me sentais pas prête à passer le concours, j’ai fait mon choix tôt en sachant qu’ensuite en primant et en doublant j’aurai des amis avec qui travailler. Je savais que je ne serai pas seule. Et ça a appuyé ma décision car mine de rien c’est deux ans de BU, de travail, donc il faut obligatoirement avoir quelqu’un. »

Anna, tu as suivi une prépa en plus de la faculté, qu’en as-tu retenue ?

Anna : « J’ai fait une prépa à côté même si je n’étais pas convaincue par leur pourcentage de réussite (50%). Je ne sais pas si cela m’a vraiment servi, d’autant que je ne me suis pas investie totalement dedans. L’avantage c’était d’avoir des exercices, des cas cliniques en plus. L’inconvénient c’est que c’est très chronophage et d’après moi le tutorat des internes de la faculté est amplement suffisant. » 

Pour terminer, quel message souhaitez-vous adresser aux étudiants et étudiantes de la faculté ?

Anna : « Ne pas se prendre la tête trop tôt, ne pas stresser trop tôt. Si tu es motivé ça va le faire ! Il faut juste comprendre les cours pendant les premières années et il y aura le temps plus tard pour les apprendre. Sortez de votre confort, faîtes des asso, profitez de ces années étudiantes »

Léa : « Je regrette de ne pas avoir plus profité de ma P2 et de ma P3. Alors faîtes la fête ! I faut travailler pour comprendre les choses avant la P4 mais sans se prendre la tête. Ensuite c’est le travail personnel l’année du concours qui fait et qui fera toujours la différence. »

Vous venez de lire trois trajectoires très différentes qui, je l’espère, vous aideront à trouver LA méthode qui mènera à votre réussite.  Aujourd’hui Léa et Manon s’orientent vers la biologie médicale et Anna se destine à une carrière hospitalière préférentiellement en pharmacie clinique. Elles sont toutes les trois disponibles pour vous écouter et répondre à vos questions, n’hésitez pas.

Diane SLIFIRSKI

Merci à Léa, Anna et Manon pour le temps consacré à l’entretien.

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